lundi 31 août 2009

Douce amaranthe

 
un jardin aux Habitations Jeanne-Mance


J’avais rencontré le propriétaire de ce jardin il y a quelques semaines. D’origine indienne, il est était bien fier de sa culture réussie de ces variétés d’amaranthes. Les asiatiques connaissent bien cette plante qu’ils cultivent dans de nombreux pays depuis des centaines d’années.

Ils semblent avoir perdu la connaissance de l’origine de ces plantes toutefois. Le Mexique! Avec les fèves et le maïs, c’était une source majeure de protéines, de vitamines et de minéraux pour les Aztèques. La plante contient plus de fer que l’épinard. Les graines sont aussi consommées et contiennent de l’acide gras oméga-6. La bonne plante a voyagé de l’Amérique Centrale jusqu’aux Indes! Et elle nous revient.

“Better than spinach!” me dit-il avec un large sourire. Dans ses plates-bandes il y avait bien d’autres plantes intéressantes de la famille de la moutarde (Brassicacées) mais la communication n’était pas facile. Ma connaissance de l’hindi, du sindhi ou même du kashmiri s’approche fortement d’une valeur nulle. Je connais au moins thota kura (l’amaranthe) en télougou, langue officielle de l’Andhra Pradesh.

 
une plante américaine... qui revient des Indes


On la nomme aussi “épinard chinois” ou “épinard rouge”, les noms communs sont toujours nombreux pour les plantes largement cultivées.

Les espèces d’amaranthe sont difficiles à distinguer et de plus s’hybrident entre elles. Si j’ajoute qu’il y a eu des siècles de sélection pour la culture de cette pseudo-céréale (et le déplacement d’un continent à l’autre) vous comprendrez que je ne peux qu’affirmer (vu de l’extérieur du jardin clôturé...) qu’il s’agit de cultivars du complexe Amaranthus cruentus et Amaranthus hybridus. On dirait bien le cultivar ‘Asia Red’, et les graines étaient peut-être contaminées d’une autre variété, la “Green Pointed Leaf”. Mais rien n’interdit de penser que c’est une des espèces spontanées que l’on trouve sur les trottoirs qui s’est logée dans le jardin!

Il n’y a qu’un pas du potager au trottoir et du trottoir au potager!

Je n'oublie pas la conclusion de la série sur le pourpier, j'espère encore trouver une plante en fleur...



dimanche 30 août 2009

Portulaca oleracea, le pourpier potager 4




 salade des trottoirs



La répartition géographique de l’espèce sur la terre est un sujet riche et complexe. Il serait probablement moins long de nommer les pays ou régions du monde où on ne trouve pas cette plante. On la trouve partout donc, surtout dans les régions tropicales et sub-tropicales, où on la cultive et se trouve à l’état spontané ainsi que dans les climats tempérés de nos latitudes.


J’ai lu et entendu à quelques reprises que la plante était d’origine asiatique. Cela me laissait perplexe parce que je savais que Champlain parle “du pourpié, qui vient en quantité parmi le blé d’Inde, dont ils ne font non plus d’état que de mauvaises herbes”. Le pourpier était donc présent dans les jardins Iroquoiens de la Nouvelle-Angleterre mais ceux-ci ne semblaient pas le consommer. La plante était alors largement cultivée et bien connue partout en Europe ainsi qu’autour de la Méditerranée. Elle venait de l’est de cette mer, de la Grèce jusqu’en Inde.



les variétés connues en 1557


En France on connaissait deux variétés: le pourpier vert, sous le nom d’alors Portulaca sativa viridis, et le pourpier doré, Portulaca sativa flava “qui eft plus tendre & plus eftimé”. Bien plus tard Vilmorin-Andrieux ajoutera la variété cultivée “pourpier doré à large feuille” aux feuilles deux fois plus grandes que les autres variétés. La plante est très variable et on a fait de la sélection pour le potager.


En 1618 Champlain décrit le jardin de Louis Hébert à Québec et déjà la plante s’y trouve. Comme ce jardin est un mélange de plante du Nouveau et de l’Ancien Monde il est difficile de connaître la provenance du pourpier. En 1632 le Jésuite Paul Le Jeune mentionne aussi la plante qu’on vient de semer dans le jardin de la mission à Québec.


Pierre Boucher (seigneur de Boucherville) énumère en 1663 quelques “herbes sauvages” les plus communes de la colonie, comparant celles-ci aux herbes qu’il connaît en France. “Le pourpier vient naturellement dans les terres désertées sans y estre semé: mais il n’est pas si beau que celuy que nous cultivons: il se trouve dans les prairies d’une herbe qu’on appelle Voisseron”. Je n’ai pas identifié ce “voisseron”. Je ne sais pas non plus ce qu’il entend par “terres désertées”: terres cultivées abandonnées par les colons ou les autochtones?



en direct de ma rue...




Présent en Nouvelle-Angleterre et en Nouvelle-France donc, dans les jardins des Amérindiens et des tout premiers colons, cultivé ou spontané, le pourpier est présent en Amérique du Nord au 17e siècle. De plus les arabes l’ayant introduit en Espagne, où la plante a été largement cultivé, elle a sans doute atteint les colonies espagnoles des Antilles, de l’Amérique du Sud et Centrale. Les hispano-arabes la nommaient “missita” (mélangée) “car elle est parfois maraîchère et parfois sauvage”. Décidemment la plante est partout remarquée pour sa capacité de s’échapper des jardins...et y revenir!


Mais ici, en Amérique, la plante serait-elle, avec le plantain et quelques autres, une des toutes premières mauvaises herbes anthropophytes? Ou était-elle déjà présente avant la colonisation?


Le pourpier est-il indigène ou fût-il introduit dans le Nouveau-Monde? Du côté des ouvrages de référence Flora of Missouri dit qu’il est indigène, mais Flora of North America dit que c’est une plante introduite. Asa Gray dit qu’il est naturalisé de l’Europe, Marie-Victorin dit qu’il est “naturalisé du sud-ouest de l’Amérique”.


Je continue sur cette succulente plante demain!





vendredi 28 août 2009

Le Champs des Possibles



video


Le matin où l'arrondissement du Plateau Mont-Royal envoyait ses troupes lourdes pour la basse besogne de raser le terrain vague du Mile End (le Champ des Possibles), je m'y trouvais par hasard pour faire les photos de l'intro d'un diaporama.

Le champs, une heure avant la faucheuse de biodiversité et la tondeuse d’aspiration.

C'est un aperçu de ce travail que je vous montre aujourd'hui. Avec une musique empruntée.

Je reviendrai plus tard sur ma série portant sur le pourpier!




jeudi 27 août 2009

Portulaca oleracea, le pourpier potager 3





une trentaine de centimètres de largesse d’esprit


Nous sommes, contrairement à notre habitude, sur le sujet des plantes comme ressources alimentaires et médicinales, poussons un peu plus loin. Mon objectif est de montrer tout l’intérêt qu’il y a à porter attention à la flore spontanée...aux mauvaises herbes.


Avec des variations d’usages dans le temps, surtout en Europe, peu de plantes sont aussi largement cultivées ou utilisées dans le monde que le pourpier. C’est l’oeuf et la poule: elle est mauvaise herbe partout (surtout dans les zones tropicales et sub-tropicales) et elle est cultivée partout. Même où elle n’est pas vraiment cultivée, elle se trouve comme mauvaise herbe dans les autres cultures et est alors récoltée.


Le portulache (autre nom commun français) serait cultivé depuis plus de 4000 ans aux Indes puis en Perse, en Grèce et tout autour de la Méditerranée. C’est un des plus anciens légumes-feuilles qui soit. On le trouve en culture domestique ou en mauvaise herbe partout en Afrique, surtout au Soudan et en Égypte, où il se vend dans les marchés locaux. Comme ailleurs les feuilles sont consommées fraiches ou cuites, on fait des marinades et une farine avec les graines.



on lui marche dessus: elle prend alors une forme différente


J’ai mentionné hier son contenu important en acide gras omega-3, il est aussi riche en minéraux et vitamines: il est anti-scorbut. Dans les champs de maïs au Mexique cette mauvaise herbe (et quelques autres, évidemment) est récoltée et consommée par les humains et les animaux. La biomasse de toutes ces plantes augmentent la productivité sans nuire au rendement du maïs: c’est une culture intégrée. Elles réduisent l’érosion du sol et améliorent l’alimentation des fermiers tout en contribuant aux profits. Autres pays, autres perception des mauvaises herbes...


En tant que plante médicinale son usage remonte loin dans les temps anciens et est une des des plus largement utilisées. En usage externe pour les soins de la peau, comme diurétique, traitement de vers intestinaux, etc.


Voici deux salades “historiques” qui sont de véritables festins de couleurs et de textures qu’il serait intéressant de faire revivre. Celle mentionnée par Tirso de Molina (1583-1648) le premier à mettre Don Juan au théâtre: coriandre, cresson, pourpier, bourrache et menthe. Ou cette autre, qui s’en inspire, élaborée pour Charles II (1630-1685) le roi anglais demi-français: feuilles de pourpier hachées, avec laitue, cerfeuil, fleurs de bourrache et pétales de tagètes (oeillet d'Inde) huile et jus de citron. Plaisir des yeux, plante succulente dans les deux sens du terme!



il ouvre quand ton bouton?


François Jobin suggère de la cultiver sur les toits verts. L’idée est excellente: la plante est parfaitement adaptée aux conditions chaudes et ensoleillées. Elle pousse dans le béton...dans un sol pauvre et même le sable. Laissée à elle-même elle serait peut-être un peu encombrante: je le répète c’est une espèce prolifique. Cela est aussi une qualité toutefois: si l’on s’assure de régulièrement récolter en coupant le bout des tiges, avant la floraison, on évitera une production trop importante de graines et la plante produira des branches comme les fines herbes que l’on pince. On peut probablement en récolter plusieurs fois dans l’été de cette façon. Avis à nos amis qui s’intéressent à l’agriculture urbaine: la plante est un bon et nutritif sujet!


Je crois que j’ai bien exploré les usages et les vertus, pour les humains, de cette plante. La plante en elle-même, sa biologie et les questions de biogéographie... je vous en parle demain... Quel suspens!




  

mercredi 26 août 2009

Portulaca oleracea, le pourpier potager 2





on marche souvent sur le garde-manger


Tout lecteur d’un blogue d’ornithologie serait horrifié et scandalisé d’y lire des recettes pour apprêter des mésanges ou même des moineaux domestiques! Préléver des plantes urbaines spontanées pour un usage alimentaire, médicinal, voire “décoratif”, n’est pas très différent pour moi. Assurez-vous dans la mesure du possible de laisser des graines ou de laisser intactes les parties souterraines de la plante. C’est alors une utilisation “soutenable” de ces ressources!


La récolte intelligente assure mieux une récolte continue... La récolte intelligente devrait tenir compte de la contamination du sol en ville: avec la combustion des moteurs automobiles il y du plomb partout... y compris dans des boutures de pourpier, comme il y du mercure dans tous les poissons du fleuve... question de quantité et de dosage, donc. Mais pas de panique et pour le pourpier, allez-y pincer quelques bouts de tiges, lavez-les et goûtez...



 
remarquablement prolifique et généreux


Ce n’était que récemment que j’avais goûté au pourpier, cultivé bio évidemment. Je n’ai pas recherché la question mais la production de cette plante doit être assez limitée au Québec. Cru, ajouté aux salades, bouilli ou cuit à la vapeur, c’est une excellente saveur à ajouter au menu et c’est une plante très nutritive. Le pourpier a le plus haut contenu d’anti-oxydants et d’acide gras omega-3 de tous les légumes-feuilles examinés jusqu’à maintenant. On dit avec raison que la plante devrait être considéré positivement pour sa valeur alimentaire plutôt que son état de “mauvaise herbe”! Je suis d’accord...


Vous en voulez plus dans mon essai de réhabilitation des mauvaises herbes? On s’en sert aussi dans l’alimentation de la volaille afin de réduire le taux de cholestérol dans les oeufs. La plante se meurt vraiment d’envie d’améliorer notre santé!


D’accord, dites-vous, c’est nourrissant et tout et tout... “Mais d’où vient cette plante?”. Et surtout la question que nous avons l’habitude de poser: “Est-elle indigène?”. Ah! ça c’est toute une question! J’y reviens demain parce que l’affaire, le cas du pourpier n’est pas simple du tout...


En attendant écrivez à La Ferme de Bullion (le fermier bio qui me l’a fourni) pour voir s’il ne peut pas vous en trouver: debullion(arobas)sympatico(point)ca. Ou arpentez les trottoirs. Et si vous la voyez en fleur...vous me le direz n’est-ce pas?




mardi 25 août 2009

Portulaca oleracea, the purslane 1






 is the purslane a prayer plant?


I work night and day to document the Urban Flora. Well...some nights anyway! The purslane is a fairly common inhabitant of sidewalks, curiously forming some rather big colonies on certain blocks then absent on a few neighbouring ones. It is classified as “one of the ten most noxious weeds worldwide”. Before running away let’s learn a bit more about that most interesting “pest”, one of the world’s most interesting weed.


Three years in a row while researching for my book I tried to find a specimen of it with some flowers to take a photograph. No way! I did see the flowers on the plant but that was a long time ago...I don’t remember the circumstances...So I was going early in the morning, or at noon, or on a cloudy day, or when high winds were blowing or even rain was making my quest funnier...Still no flowers!


So I thought “maybe they open at night”...No! they do not...But as a minimal reward to my dedication I discovered that the leaves fold against the stems when the sun is down...I found no reference to that fact in the litterature...interesting...but when do they flower?


Well this will turn into an fascinating enquiry and will have us travel through history and across oceans...We might even get some flowers shots!


For Rosemary the Toronto blogger: Toronto Gardening





lundi 24 août 2009

Carotte, berce laineuse, panais, etc.



 carotte, cicutaire et panais: des ombelles

En guise de réponse au commentaire d’hier de Bronwyn, une billet technique s’impose. C’est une occasion de connaître les traits distinctifs de la famille de la carotte. Avis à tous: la terminologie est aussi variable que les racines de carotte!

L’inflorescence en forme d’ombelle est une caractéristique des Apiacées (famille aussi nommée Ombellifères). L’ombelle (pensez à un parapluie) peut être simple ou composée d'ombellules (au bout de chaque rayon du parapluie se trouve un autre petit parapluie).

Les ombelles ont souvent à leur base des bractées: c’est l’involucre. Si les ombellules ont des bractées cela se nomme alors involucelle. Ces bractées peuvent aussi se nommer bractéoles... Ce sont des caractères importants afin de distinguer des plantes souvent semblables dans la famille...

L’ombelle est formée de plusieurs pédoncules floraux partant d’un point commun et s'allongeant vers le même niveau au sommet. Les fleurs à 5 parties sont petites et habituellement hermaphrodites: 5 sépales réduits ou absents, 5 pétales libres souvent inégaux, 5 étamines et 2 carpelles. Les fleurs externes d'une ombelle ont souvent certains pétales plus grands que les autres. Cela est évident sur les fleurs externes de la carotte ci-haut.


ombelle d'ombellules: Heracleum maximum, cow parsnip


Sur la photo de l’ombelle de la berce laineuse ci-haut:

  1. point d’attache de l’ombelle (sans bractées)
  2. point d’attache de l’ombellule (avec bractées ou bractéoles)
  3. le fruit, un achaine en deux parties avec les restes des deux styles au sommet


Une ombellule peut porter plusieurs dizaines de fruits...autant qu’il y avait de minuscules fleurs. Ce sont les fruits qui sont déterminants pour identifier les genres et distinguer les espèces semblables dans cette famille. Mais il faut alors souvent une loupe...

Le fruit à maturité est un "diachaine", ou achaine double. On écrit aussi “akène” et “diakène”... C’est la présence de crochets, de poils, de sillons ou d'ailes qu’il faut remarquer sur le fruit. L’importance des caractères précis de l’achaine est telle que la distinction entre le Cicuta maculata variété maculata (plante relativement commune) et le Cicuta maculata variété victorinii (une espèce menacée) repose sur des petits sillons présents sur les fruits de cette variété rare et menacée.

Ainsi la cicutaire maculée illustrée dans mon livre (p. 94 ) se nomme correctement la cicutaire maculée variété maculée (Cicuta maculata var. maculata). Je n’ai pas vérifié les discrets caractères du fruit mais vu l’habitat spécialisé de la variété menacée ce n’était peut-être pas nécessaire...mon spécimen se trouvait sur la rue Saint-Denis...



il y a donc des centaines de “fruits” sur cette photo à l’Île Verte


La berce laineuse vue par Bronwyn à l’Île Verte nous a ammené loin de Montréal, mais pas si loin de la région où vit la cicutaire maculée de Victorin: “le long de l’estuaire d’eau douce et saumâtre du Saint-Laurent, de Grondines à Beaupré sur la rive nord et de Lotbinière à Saint-Jean-Port-Joli sur la rive sud.” Voyez la fiche:

dimanche 23 août 2009

Nouvelles du Mile End et de l'Île Verte...



un espace vert occupé sans permission...

Dans le domaine des nouvelles pas si petites qu’on le pense: l’administration de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal a procédé il y a quelque temps au rasage total du terrain vague dans le Mile End. Elle n’a pas pris la peine de consulter qui que ce soit...

J’en avais parlé déjà: Sans aucune importance

Lisez maintenant le billet bien senti de Bronwyn Chester, un brave et audacieux appel à l’innovation!



Bronwyn Chester m’avait fait parvenir la semaine passée cette photo prise à l’Île Verte où elle est est allée en vacances. La berce laineuse dans les rosiers rugueux et le brouillard.

Merci Bronwyn!


vendredi 21 août 2009

Paysage advenu/paysage à venir

 
derrière, un paysage?


Je n’ai qu’une connaissance superficielle de l’endroit et du Grand Projet d’aménagement vert. Il deviendra un parc, “le quatrième plus grand espace vert de la métropole après le parc du Mont-Royal, l’île Ste-Hélène et le parc Maisonneuve”. “La création de ce parc fera maintenant de St-Michel un havre de verdure”. Ce n’est que ma troisième visite et l’immensité des lieux, sous un grand ciel, inhabituelle en milieu urbain, ne se laisse pas appréhender facilement.

Avant de m’attarder au trou, l’ancienne carrière Miron et l’actuel Complexe environnemental de Saint-Michel, permettez-moi d’en faire un peu le tour. Entre ce trou et la rue Papineau il y a cette longue bande végétalisée que nous sommes allés visiter Charles l’Heureux et moi.

C’est en partie terrains vagues ou friches bien pourvus d’arbres et végétations spontanés. Ici comme ailleurs un espace ayant été disponible, un paysage s’est installé. Ce paysage est aussi un habitat et une biodiversité y vit et grouille. Un paysage à conserver.


C’est un paysage advenu.


 
devant un paysage


Mais pour ailleurs autour d’ici, quels sont les paysages à venir? Architectes du paysage vous ferez de Grands Travaux? De grands plans suivis de grandes mises en place raisonnées? Ou seront-ils de ces nouveaux travaux invitants que je vous propose, faits pour des paysages qui s’installeront tout seuls en vagues changeantes de leurs lenteurs? Pourquoi ne pas vous contenter de mettre la table et d’attendre de voir qui seront les invités?

Ces paysages spontanés déjà présents ici, non seulement sont-ils d’une temporalité qui n’est pas synchrone avec nos voeux et projets, ils se sont de plus installés dans des coins à côté de notre regard, tout concentré à la besogne et qui ne les remarque même pas...Ce sont pourtant des exemples de paysages adaptés au milieu urbain et, surtout, écologiquement fonctionnels et diversifiés. Plus qu’un parc ou un espace vert en tout cas...


Et si les paysages advenus étaient les modèles des paysages à venir?


 
dans le paysage


Peut-on imaginer pour ces futurs lieux, en s’inspirant d’un regard autour, un aménagement vert ouvert et collaboratif avec personne! Ou plutôt avec les dynamiques biologiques propres aux lieux? Ce ne serait jamais fini et il n’y aurait pas alors de cérémonie d’ouverture. Ce qui est embêtant pour de si grandes dépenses...Mais le temps du paysage n’est pas du temps immédiatement utilisable, mobilisable ou même mesurable, encore moins monnayable... un paysage serait à venir... on ne sait quand... comment... pourquoi... un effroyable inconnu peut-être. Ou un nouveau type de paysage...

Il faut collaborer à la production de paysages urbains fonctionnels écologiquement. Pour cela il ne s’agit que d’établir les conditions initiales par une diversité géomorphologique (déjà présente ici) invitant une biodiversité qui veut absolument collaborer...N’avez-vous pas remarqué son obstination!

Lieux de rencontre des humains et des autres espèces les paysages à venir seront aussi ceux que l’on pourra le mieux ressentir et éprouver, au meilleur bénéfice de tous.



 
à quelle vitesse faut-il apprécier un paysage?


Le paysage est-il fait pour passer à côté ou pour traverser? Ou pour y être? Est-il plus qu’un fond d’écran pour nos activités de loisir ou de transport? Une vitrine de notre excellence environnementale? Nous sommes incapable de faire des paysages pour nous-mêmes. Nous sommes toujours avare de partager l’espace avec les autres espèces. On ne fait pas de paysages s’ils ne sont pas des habitats. Il y a cet infranchissable mur que nous érigeons entre elles et nous. Entre nous et le paysage.

Les paysages sont vivants et changeants alors que nos aménagements ressemblent à la simplification des dessins AutoCAD dans un cadre, des maquettes sur une table. Nous faisons du paysage comme de l’architecture. La ville idéale est statique, motif à traverser. Nous aménageons encore nos espaces verts de la même façon: ce statique appliqué à l’espace vert exclus la biodiversité. Nous créons en fait un déficit de paysage, un désert pour la biodiversité. L’importance des arbres est pressentie et nous arrêtons là la réflexion. Nous ne faisons en fait pas de paysage. On fait n’importe quoi...



 
il ne manque que notre regard à ce paysage advenu


“On n’est bien ici!” Oui Charles on est bien ici. Mais où sommes-nous exactement? Nous sommes en nature...de chaque côté les arbres font écran, nous sommes dans le paysage, nous éprouvons le paysage...

"Un paysage, ça s’éprouve..." Tu as parfaitement raison. Nous ne sommes pas occupés à faire comme s’il n’était pas là. Nous ne sommes surtout pas occupé à faire comme si nous n’y étions pas!


jeudi 20 août 2009

Au champs d’honneur...

 
Charles L'Heureux a remarqué et photographié la cigale sur ma chemise


Avant de vous entretenir de l’ancienne carrière Miron un petit coup d’oeil sur la biodiversité de l’endroit.

Aucun rapport entre ces deux “insectes” (l’araignée n’est pas un insecte...) sinon qu’ils habitent le même terrain vague (une friche?) en marge de la carrière le long de la rue Papineau. De nombreuses guêpes, abeilles et deux ou trois espèces d’odonates (libellules et demoiselles) ont aussi été aperçu.

La cigale caniculaire se cache habituellement haut des les arbres. On les entend à tous les étés mais on ne les voit pas souvent. Elles sont associées à la canicule et des trois espèces que l’on trouve au Québec, celle qui s’est posée sur ma chemise s’appelle justement la cigale caniculaire (Tibicen canicularis, dog-day cicada). C’est le mâle de la cigale qui chante si fort qu’on se demande comment il évite les prédateurs qui doivent bien être capable de le repérer!

On suggère que le son est insupportable pour les oiseaux! Le chant atteint une centaine de décibels, assez pour masquer une tondeuse par exemple! Il est assez curieux de constater que le même organe qui sert à faire du bruit chez le mâle est celui qui entend chez la femelle qui ne chantent pas, mais qui écoute. Une semaine ou deux à chanter et attirer une femelle...puis il meurt.

Cette cigale verdâtre mesure de 5 à 6 cm de longueur. La larve vit quelques années (pas 17 pour nos espèces) dans le sol, suçant la sève des racines des arbres.


 
le paysage de l'ancienne carrière Miron: un appéritif


L’araignée est une espèce commune des champs ensoleillés. Enfant elle me terrifiait. On la dit innofensive... ce qui ne signifie pas qu’elle n’a pas une morsure douloureuse! Elle n’est pas mortelle disons. Une neurotoxine est suspectée dans des cas de douleurs extrêmes...prudence donc! L’argiope dorée (Argiope aurantia, black and yellow argiope) a un excellent camouflage dans les herbes ombragées avec des taches de soleil. On la trouve du sud du Canada jusqu’au costa Rica.

Le dimorphisme important entre la femelle (2 à 3 cm) et le mâle (0,5 à 1 cm) indique que c’est une femelle sur la photo. Le mâle a un corps proportionnellement plus étroit, sans cette coloration remarquable. Le mâle approche avec prudence la toile de la femelle et joue de la harpe sur sa toile...Ce sera le spectacle d’adieu de notre musicien...Il meurt après l’accouplement et est quelquefois dévoré par l’amateur de musique...

Facile la vie d’artiste...



mercredi 19 août 2009

Une usine secrète d’attrape-plantes!

 
la zone d’essai secret

Le conglomérat Flora Urbana en mène large et se fait remarquer de plus en plus par la Ville de Montréal. Une féroce compétition prend place. Après avoir rasé le terrain vague du Mile End (un affront d’amateur) voici que les projets de la ville se révèlent dans toutes leurs duplicités. Cette fois c’est plus sérieux: nous avons découvert une usine de production à grande échelle d’attrape-plantes géants.

Demain vous aurez droit à notre riposte dans la forme d’un compte-rendu de la visite d’un méga-projet à l’ancienne carrière Miron. En compagnie du ruisseaulogue en chef Charles L’Heureux nous vous ferons part de nos réflexions unanimes!



Flora Laurentiana 5: la plante d’Hercule

Flora Urbana travaille nuit & jour afin de rapporter la nouvelle


C’est en me rendant à la base avancée de Flora Urbana dans les Laurentides, La Raposa, que j’ai aperçu la grande plante dans un fossé. En revenant de nos durs labeurs qui incluaient baignades et chasse à l’orchidée, il fallait donc absolument s’arrêter pour savoir de quelle grande Apiacée il s’agissait. J’approche ces plantes avec prudence car je les connais imparfaitement. Je sais par ailleurs que quelques espèces causent de sérieuses dermatites!

Malgré quelques détails qui diffèrent (surtout les feuilles) je crois qu’il s’agit de la berce laineuse (Heracleum maximum, cow parsnip). Le nom du genre vient de Hercule (Heracles en grec) et quelques espèces sont très grandes. Notre espèce est vivace et atteint presque 3m. On la trouve partout au Canada et en Amérique du Nord, sauf dans quelques états du sud des États-Unis.

Une aussi grande et remarquable plante, largement distribuée a bien entendu été incorporé dans les usages de nombreux peuples autochtones. Les racines de la berce laineuse ont curieusement été utilisé pour traiter des problèmes de peau par les Cris et les Chippewas. Les Cris considèrent par ailleurs la plante comme un poison. Peut-être s’agit-il d’une autre partie de la plante.

Considérée analgésique, antiseptique, utile pour le soin des muscles endoloris, ou des maladies “vénériennes”, maux de dents et des articulations, les fleurs, elles, servaient à éloigner les insectes...Tant d’usages suggèrent plus une fascination pour la colosse qu’un réel cabinet de pharmacie végétale.

Les racines ont des propriétés antifongiques et anti-bactériennes qui semblent toutefois bien établies. Elles ont aussi un effet immunostimulant qui est antiviral. Marie-Victorin raconte que sous le nom de “poglus” les Hurons de Québec ont fait une infusion de cette plante et ont ainsi été épargné de l’épidémie de grippe espagnole en 1918.


source de notre plante: un centre jardin de l'autre côté de la route


Certains peuples la considèrent comestible de plus!

Les jeunes plantes étaient consommées par de nombreux peuples autochtones qui prenaient soin de peler les tiges et pétioles avant de les manger crues, bouillies ou séchées. Ils évitaient avec soin la peau et les poils de la plante...Les fleurs mélangées à de l’huile que l’on frottait sur la peau éloignaient les moustiques et les mouches.

Les personnes à la peau sensible doivent toujours se méfier de cette plante et des ses parentes: au toucher on risque une dermatite, qui peut être sérieuse et qui peut survenir jusqu’à quatre heures après le contact...on a alors oublié de quelle plante il s’agissait...Ce n’est que suite à l’exposition de la peau à la lumière (photosensibilisation) que se développe des irruptions cutanées ou des ulcérisations... On parle alors de phytophotodermatose.

C’est une assez curieuse géante verte qui s’est évadée d’un jardin...méfiez-vous du végétal, il peut mordre!

Le groupe Genesis a fait une chanson sur le “Giant Hogweed”, Heracleum mantegazzianum la berce géante, encore plus grande et bien plus à craindre que la plante d’aujourd’hui, mais qui cause le même genre de réaction cutanée, lisez les paroles:

mardi 18 août 2009

Flora Laurentiana 4






Quelques plantes Laurentiennes trouvées près du ruisseau et dans la sablière visité dimanche au Lac-à-l’Équerre.

Ce n’est que le prétexte de saluer mon frère Marcel, sa femme Michèle et la très grande et moins petite qu’avant Béatrice...la pauvre, je suis son parrain! (c’est elle photographiée dans mon livre...)

Ils sont (entre autre!) les grands constructeurs de La Raposa... ”ma” base avancée dans les Laurentides... En mon absence je les autorise à occuper les lieux... C’est du moins ce que j’aime imaginer!




Flora Laurentiana 3

 
une zone inondable près d'un ruisseau


J’ai depuis longtemps une affection particulière pour les orchidées indigènes du genre Spiranthes. On pourrait croire qu’il n’y a que la plus fréquente, Spiranthes cernua, qui soit parfumée. Il n’est en rien: les quatre autres espèces sont aussi parfumées, chacune à sa façon...si vous vous approchez suffisamment (comme je le fais pour des plans rapprochés, vous en ferez l’expérience...) Pour moi, c’est un plaisir de retrouver chacun de ces parfums, distincts et reconnaissables.



 
il faudra attendre dix jours pour Spiranthes cernua...



La spiranthe penchée est la plus commune sur le territoire québécois. On peut trouver des colonies de plusieurs centaines d’individus et l’air est alors chargé de ce parfum de vanille un peu épicée (la vanille est aussi une orchidée). Cette zone humide avec de nombreuses espèces de Carex est la plaine inondable du ruisseau derrière l’écran d’aulnes à l’arrière-plan.






Le sol humide, sablonneux et pauvre, est parfait pour les droseras (au centre) et sur la photo on voit en fait de nombreux jeunes plants de la spiranthe penchée. Spiranthes cernua ouvrira ses fleurs dans une dizaine de jours...peut-être aurais-je l’occasion de retourner à cet endroit et vous en montrer quelques photos?



 

lundi 17 août 2009

Flora Laurentiana 2

 
nous prenons la route, au mépris du danger des bêtes sauvages


Il m’arrive d’aller voir dans les Laurentides, près du Mont Tremblant, comment se porte quelques colonies d’orchidées que je connais bien. Si les Carex et les Poacées me donnent beaucoup de maux de tête d’identification, les orchidées sont mon domaine de prédilection. Et parmi la cinquantaine d’espèces d’orchidées que l’on trouve au Québec, le genre Spiranthes a longtemps été un sujet d’étude approfondi.

Le genre se reconnaît facilement: Spiranthes signifie “fleurs en spirale” et c’est bien la disposition générale des fleurs sur l’inflorescence. Distinguer les espèces n’est toutefois pas toujours aussi évident. Néanmoins, lorsqu’on connaît leurs habitats on les trouve assez facilement. Je vous parlerai de deux des plus communes aujourd’hui.



Spiranthes romanzoffiana et un habitat


Spiranthes romanzoffiana et S. lacera

Je connais depuis longtemps quelques stations où cohabitent ces deux orchidées indigènes. Je les visite avec assiduité et familiarité: je sais précisément où se trouvent quelques individus. Je suis toujours curieux de les voir, chaque année un peu différentes, grandes puis petites. J’attends toujours le jour où je trouverai l’hybride de ces deux espèces : Spiranthes x simpsonii.


 
Spiranthes lacera et une colonie


La floraison des deux espèces coïncident partiellement: S. lacera étant la plus hâtive, précédant peut-être d’une semaine l’autre espèce. L’hybride est connu en Ontario et je ne crois pas qu’on l’ai encore trouvé au Québec.

Il est intéressant de souligner que le génome du spécimen de S. romanzoffiana ci-haut est connu d’un botaniste irlandais, Darach Lupton, venu ici afin de prélever des échantillons de feuilles pour une étude biomoléculaire des populations de l’espèce. Cette espèce se retrouve aussi en Irlande et en Écosse et cela est un mystère biogéographique encore non-élucidé.


 
Malaxis unifolia en mileu sec


Celle-là est plus discrète que les précédentes: Malaxis unifolia est beaucoup plus petite et complètement verte. Avec un peu d’expérience on la trouve assez fréquemment, ce n’est pas une orchidée rare. Elle n’est que rarement vue...et rarement cherchée!

Elle partage avec les Spiranthes précédentes (et la suivante, demain) la faculté de coloniser des terrains pertubés: piste de ski de fond, sablière abandonnée, bord de chemin, etc. Comme bien des plantes en milieu urbain ces orchidées ont une certaine tolérance aux milieux anthropiques. Ce qui ne veut pas dire qu’on les trouve dans le centre-ville!

Les deux plantes ci-haut sont un peu déshydratées mais portent des fruits, chacun chargé des milliers de graines microscopiques particulières des orchidées.





vendredi 14 août 2009

Sans aucune importance



les faucheuses d’un possible


Après le rouleau compresseur de l’histoire, voici la faucheuse de biodiversité et la tondeuse d’aspiration...

Ainsi l’arrondissement du Plateau Mont Royal a procédé à la tonte générale du terrain vague dans le Mile End. Aucune réaction jusqu’à maintenant de la part du Comité Citoyen du quartier...


il y avait pourtant les fruits d’une bienveillante négligence


Vous voulez abattre le chien, dites qu’il a la rage... Vous voulez sécuriser un terrain vague, il y a toujours l’herbe à poux...



la carotte n'est inintéressante que pour les humains


Les autres objections ordinaires sont connues: il n'y a là que des mauvaises herbes, ce ne sont que des plantes non-indigènes, l’endroit est malsain, le sol est contaminé, le danger se cache dans les buissons...


paysage dangereux


La biodiversité urbaine passera donc après bien des obsessions sécuritaires ou des représentations de la nature d'un autre siècle... De l’ordre! Devons-nous vraiment régler tous les espaces verts sur l’insécurité des plus inquiets? On le constate: l’innovation vient loin derrière la peur...une question de vote sans doute...L’ouverture à la biodiversité soulève à peine un coin de sourire entendu. C’est mignon, mais il y a bien plus important...et surtout, pas dans ma cour...



autre paysage dangereux

Convergent ici bien des regards, bien des intentions, biens des illusions, bien des prétentions, biens des projets, bien des micro-lobbies et beaucoup, beaucoup d’ordinaire, toutes sortes de business as usual... Tout le monde veut mettre le grappin sur le champs...sous toutes sortes de couvertures bien-pensantes. Certaines sont bien usées...mais elles seront étouffantes néanmoins!


encore un paysage dangereux


Je n’ai aucun intérêt personnel dans ce champs des possibles. Je n’habite pas vraiment ce quartier, je ne cherche pas une vue exclusive sur ce paysage. Je vous invite à regarder autrement ces espaces sauvages: des lieux de rencontre avec la nature anthropique, impure, imprévisible, sauvage. Un lieu de partage avec les autres ordres du vivant. La biodiversité urbaine...

Que craignons-nous du partage de l’espace que nous occupons déjà assez massivement me semble-t-il?



il y a des paysages dangereux

Devant nous naissent des paysages spontanés, fonctionnels écologiquement, rendant des services environnementaux aux humains. Ce dernier argument est souvent malheureux: donner une valeur à quelque chose c’est lui donner une valeur monnayable...négotiable...Les paysages imprévus se convertissent alors en danger du paysage et à l'arrivée de la tondeuse...



le danger du paysage sauvage


Certains espaces doivent être cédés à la biodiversité pour la biodiversité...



la spontanéité dangereuse du paysage doit être stoppée


Mais une convergence d’intentions nous rappellent à la réalité et nous ramènent à l’ordre. Il y a cette nouvelle définition de l’invasion biologique...l’ordinaire cohorte des humains...

Pitoyablement ordinaire...



 

avez-vous peur de ce paysage?









jeudi 13 août 2009

Our Lady of the Trees et une brève




Bronwyn avec des noyers noirs


Si vous êtes lecteur régulier de ce blogue vous connaissez sûrement Bronwyn Chester. Elle vous invite pour une visite guidée des arbres du campus McGill. Elle a déjà publié ce printemps un bon guide des arbres qu’on y trouve.


Les arbres prennent une allure bien réelle par le souci de Bronwyn de les individualiser: elle les touche comme on donne la main à un ami afin de l’introduire à tout le monde. Elles les connaît bien et vous gagnerez à votre tour des amis solides et généreux. Comme Our Lady!


Joignez-vous à elle pour la visite:
Bleu, blanc, jaune: De nouveaux arbres parmi les vieux à l’université McGill

Mardi 18 août, 2009, 17h30 – 19h30
Point de départ: Les marches du Musée Redpath
Apporter: crayon

En français avec interventions en anglais au besoin. Tout matériel écrit est dans les deux langues. $12

INSCRIPTION: bronwynchester(arrobas)gmail(point)com ou 514-284-7384
SVP: Arriver à 17h15
PRÉPARATION: lisez son blogue ici



Je n'avais pas de photo de Valérie, alors...une voie ferrée!


La journaliste Valérie Ouellet du site d’information quotidienne sur l’environnement GaiaPresse parle des terrains vagues, de phytoremediation et du Maguire-Roerich Champ des Possibles. Lisez son article: